La surcharge pondérale

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À ne pas prendre à la légère

La boutade «il est tellement gros qu’il ne se voit plus le bout des orteils» vous faisait bien rire, jusqu’à ce qu’elle s’applique à votre personne. Ce que vous voulez – et pouvez, au demeurant – toujours appeler un abdomen est quand même devenu une immense boule de méforme. Belle surcharge pondérale, comme dit votre médecin inquiet des conséquences potentiellement tragiques de l’invasion de vos viscères par l’accumulation d’une graisse inopportune.

Vous connaissez le nom et les effets de ces amis de l’embonpoint qui copinent allègrement avec l’obésité, surtout celle qui se loge dans votre abdomen. Ce sont les maladies cardiovasculaires – hypertension, accident vasculaire cérébral, infarctus – et l’hypercholestérolémie. Et, bien sûr, le diabète qui recherche la compagnie des affections précédentes et la trouve, qu’il les suive ou les précède.

Maigrir du ventre
CC BY-NC-ND by Let Ideas Compete

Ces mauvais compagnons de vie vous attendent au coin de la rue. Mais il y a moyen de les éloigner. Bien sûr, en respectant un régime alimentaire sain et adapté à votre état. Et en faisant évidemment de l’exercice. Vous n’êtes probablement pas médecin, ni diététiste, ni kinésithérapeute, ni entraîneur sportif. Idéalement, vous aurez donc recours à ces professionnels. Et à un psychologue éventuellement. Tout dépend de l’origine de votre embonpoint ou de votre obésité. Le stress et l’anxiété peuvent induire l’embonpoint ou en tout cas l’aggraver. Et puis, retournez en arrière: n’étiez-vous pas ce bébé qu’on gavait de nourriture au moindre pleur? Ou cet enfant qu’on «forçait» à finir son assiette? Ces travers que vous évitez sûrement en tant que parent ont peut-être laissé des séquelles chez vous, tristesse et plus ou moins grand malheur égalant ingestion de nourriture qui apaise.

Six packs

Et ne vous laissez pas séduire par ces chantres de la perte de poids locale. Maigrir localement du ventre ou des cuisses, cela ne se peut pas. «Il est impossible de faire fondre la graisse d’une région donnée du corps en effectuant des exercices sollicitant les muscles de cette région.» * Il est encore moins envisageable d’atteindre cet objectif futile en appliquant des pommades ou en ayant recours à la stimulation électrique. Vous savez bien par ailleurs que les régimes amaigrissants employés seuls sans le recours essentiel à l’exercice sont inutiles et risquent même de stimuler l’embonpoint: effet yo-yo, métabolisme de base diminué. Et combien de fois avez-vous augmenté votre poids de consigne, cette limite que votre corps enregistre quand vous passez de 70 à 80 ou à 90 kilos, et qu’il réclame par la suite? C’est comme si votre corps vous disait: «Hé, on est déjà monté à 85 kilos, pourquoi se torturer à descendre?»

Santé forme physique

La recette, puisqu’il n’y en a qu’une, vous la connaissez: exercice, alimentation saine, baisse du stress. Une approche globale, encadrée si possible. Et de la patience. Et du courage. Et de la joie. Vous avez quand même mis quelques années à développer cette masse graisseuse dont vous ne voulez plus, à raison. Vous mettrez bien quelque temps à vous en débarrasser! Une chute de poids trop rapide (plus de deux ou trois kilos par mois) entraînerait de toute façon des effets négatifs. À gros problème, longue solution. Note encourageante: les experts affirment qu’une perte de 5% à 10% du poids corporel réduit déjà les risques de contracter une maladie cardiovasculaire.

Juin – Juillet – Août 2009
par Jacques Lafontaine

*Source: Kino-Québec

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