Oméga-3 et méga engouement… surfait?

Au petit déjeuner, l’aîné, à table avec sa petite sœur, s’empresse de lui annoncer que ce matin-là, on mange un nouveau yogourt « avec des boutiques » et que maman nous sert des céréales avec des « attraits de théière ».

Traduction : le nouveau yogourt au menu contient des probiotiques et la présence d’extraits de thé vert bonifie les céréales des enfants. La scène est fictive mais représentative du portrait des familles québécoises à table. Le vocabulaire des oméga-3, pro et même prébiotiques, sans « additif » et autres gages de qualité nutritive, n’est plus l’apanage de ceux que l’on qualifiait de « granos ».

« Nous avons des études sur les liens entre l’alimentation, le cancer et l’obésité seulement depuis les années 60; les gens sont de plus en plus informés et se sentent concernés, souligne Isabelle Huot, nutritionniste et propriétaire de la clinique Kilo Solution à Montréal. Il y a une évolution depuis les années 70 avec cette fois des études sur les habitudes alimentaires », ajoute-t-elle en précisant que la présence du tableau de la valeur nutritionnelle sur le contenant des produits sensibilise encore davantage les consommateurs à la qualité des aliments qu’ils portent à leur bouche.

La profession gagne incidemment en popularité, alors que l’on compte davantage de nutrionnistes au Québec et que leur visibilité s’accroît, signale Isabelle Huot, elle-même très présente dans les médias.

Cette « prise de conscience alimentaire » peut-elle mener à l’obsession? Oui, répond Mme Huot, mais elle touche une infime minorité de la population. L’excès de zèle en matière de nutrition est tout de même assez appréciable pour qu’on lui ait attribué une étiquette: l’orthorexie, qui est considérée comme un trouble du comportement alimentaire. « Ce n’est plus uniquement l’obsession de la minceur; ces personnes recherchent un contrôle absolu de leur alimentation, en rejetant par exemple toute présence de résidus de pesticides dans les produits qu’ils consomment », explique-t-elle.

Pour les autres, les fourchettes et cuillers sont actuellement tournées vers les probiotiques, les prébiotiques et les oméga-3, grandes tendances actuelles de l’alimentation. Les premiers sont des micro-organismes (bactéries) ajoutés dans certains produits comme le yogourt et qui stimulent le système immunitaire et préviennent la diarrhée. Les seconds sont des fibres qui favorisent la croissance des bactéries. Les oméga-3 sont des acides gras qui réduisent le risque d’être touché par les maladies cardiovasculaires.

« La « naturalité » des aliments est aussi très populaire, ajoute Mme Huot; on veut qu’ils contiennent le moins d’additifs possible. Les aliments « fonctionnels » sont également recherchés; des biscuits contenant des extraits de vin rouge par exemple ».

Que pense la nutritionniste des « modes extrêmes » telles que le végétalisme? Selon elle, ses adeptes subiront tôt ou tard les conséquences de carences en nutriments essentiels. Et l’alimentation vivante (crue)? « Je trouve ça complexe. Avant tout, il ne faut pas oublier que certains nutriments sont mieux assimilés lorsqu’ils sont cuits », affirme-t-elle.
Crus ou cuits, les aliments sur lesquels planchent actuellement les chercheurs en nutrition possèdent des propriétés coupe-faim: le contrôle de l’obésité est au cœur de leurs préoccupations… avant les aliments qui contiennent « des boutiques »!..

Dans la cuisine d’Isabelle Huot Manger ce que l’on prêche!

Certains cordonniers sont peut-être mal chaussés. La nutritionniste vedette Isabelle Huot, elle, est bien nourrie, prêchant par l’exemple avec une alimentation riche et bénéfique pour sa santé.

Manger des fruits
Chez elle, au frais, on compte généralement quatre variétés de fruits, provenant du Québec lorsqu’elle peut s’en procurer au marché ou à l’épicerie. La roquette, l’aubergine, les courgettes et les tomates, les légumes dont elle raffole, ne dorment pas longtemps dans les tiroirs de son réfrigérateur. Elle engouffre quotidiennement un pot de yogourt (environ 700 g!) contenant des probiotiques. Son congélateur contient toujours du pain de blé entier et des filets de poisson, qui supplantent les viandes blanches et rouges dans son alimentation. La soupe aux légumes et le fromage ont aussi leur place dans son frigo mais on y trouvera rarement du beurre… seulement lorsqu’elle a des convives à table! Le garde-manger d’Isabelle Huot se caractérise par un contenu tout aussi exemplaire : des céréales nutritives, du gruau nature, des fruits séchés et la tartinade essentielle de la nutritionniste : le beurre d’arachides et noisettes. Les craquelins sains et les pâtes (blanches) sont des « habitués » de son garde-manger et pour les petites envies de sucre, elle peut compter sur les biscuits Praeventia. Pour la cuisinière-nutrionniste, les indispensables : vinaigres… et dix variétés d’huile… dont sept d’huile d’olive!!

Avril-mai 2010
par Josée Descoteaux

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Commentez
Votre nom